Par Sarah Herscheid, fondatrice de Signé Sarah
Honnêtement, tout a commencé avec une frustration très personnelle. J’étais moi-même la cliente frustrée.
Avant de lancer Signé Sarah, j’ai travaillé pendant près de sept ans dans l’industrie hôtelière, où le port du collant faisait partie intégrante de l’apparence professionnelle. J’étais constamment en uniforme, toujours soucieuse de mon image et de ma présentation au travail. Et comme tellement de femmes, j’ai vécu toutes les situations gênantes possibles: un collant qui brise juste avant un quart, une maille qui apparaît en plein milieu d’une journée importante, ou une paire ruinée après seulement une ou deux utilisations.
Je dépensais énormément d’argent dans des collants jetables, encore et encore. À un moment donné, je me suis demandé: pourquoi est-ce qu’on accepte ça? Pourquoi est-ce devenu normal de payer pour des produits conçus pour échouer?
Plus j’y pensais, plus je réalisais que toute l’industrie fonctionnait sur cette idée de surconsommation: acheter, jeter, recommencer. Les collants n’avaient pratiquement pas évolué depuis des décennies. On nous faisait croire qu’ils étaient “délicats par nature” et qu’il fallait simplement accepter qu’ils soient jetables.
Moi, je voulais complètement renverser cette mentalité.
Je voulais créer des collants sur lesquels on pouvait réellement compter. Des collants conçus pour durer plus longtemps, pour suivre le vrai quotidien et pour éviter cette frustration constante qu’on connaissait toutes.
Quand j’ai commencé à regarder les alternatives dites “durables” sur le marché, je me suis vite rendu compte d’un autre problème : les prix. Plusieurs modèles durables se vendaient entre 60 $ et 130$ la paire. À l’époque, j’étais une jeune maman étudiante. Honnêtement, je n’aurais jamais payé 100$ pour des collants moi-même, surtout sans savoir s’ils fonctionnaient réellement.
C’est là que j’ai compris quelque chose d’important: la durabilité sans accessibilité, ce n’est pas une vraie solution.
Je ne voulais pas créer un produit qui réglait un problème… tout en créant une autre barrière. Dès le départ, l’accessibilité était non négociable pour moi. Je voulais offrir un produit plus durable, oui, mais aussi un produit réaliste pour le quotidien des femmes.
Depuis le jour un, plusieurs personnes m’ont dit : “Sarah, tu pourrais les vendre plus cher. Les gens vont payer.” Et peut-être qu’ils avaient raison. Mais ça allait complètement à l’encontre de ce que je voulais bâtir depuis le début.
Ma mission n’a jamais été seulement de prouver qu’un collant pouvait être plus résistant. Ma mission était aussi de prouver qu’un produit de meilleure qualité pouvait rester accessible, honnête et juste.
Je voulais que mes clientes sentent qu’elles investissent dans quelque chose de fiable. Quelque chose qui respecte leur portefeuille, leur temps et leur réalité.
Et honnêtement, je pense que c’est exactement là que la confiance avec notre communauté s’est construite.
Les femmes ont essayé le produit. Elles ont vu qu’il tenait réellement sa promesse. Puis elles sont revenues.
Aujourd’hui, Signé Sarah est vendu dans plus de 450 points de vente à travers le Canada et nous expédions des milliers de commandes en ligne chaque mois. Mais cette croissance ne vient pas d’un “buzz” temporaire. Elle vient de la confiance.
La confiance qu’on ne vend pas un gadget marketing.
La confiance que notre prix est juste.
Et la confiance que notre entreprise a été bâtie avec le désir sincère de mieux servir les femmes.
Au final, pour moi, l’inspiration derrière Signé Sarah n’était pas seulement de réparer un produit brisé. C’était aussi de remettre en question une mentalité complètement ancrée dans la mode: celle qu’on doit soit accepter le jetable, soit payer une fortune pour avoir quelque chose de mieux.
Je crois profondément qu’on ne devrait pas avoir à choisir entre durabilité et accessibilité.
On mérite les deux.

